dimanche 19 octobre 2008

La métaanalyse de JAMA sur les antioxydants — les données dégradées, l'analyse biaisée et les conclusions inappropriées

« Dans le monde de la science, tout se sait rapidement et tout se discute. L'an dernier une métaanalyse du Journal of American Medical Association (JAMA) a été publiée sur les potentiels effets négatifs des antioxydants. Certains de mes collègues scientifiques m'ont rapporté cette étude à la suite d'une discussion sur la prise de suppléments antioxydants et m'ont fait part de leurs inquiétudes. Des réponses ont été données à ce sujet afin d'éclaircir la situation. Je tenais à partager avec vous ces dernières, en espérant qu'elles pourront vous éclairer aussi »
Sincèrement, Isabelle Brunet

Des histoires sensationnalisant les résultats d'une étude controversée du numéro du 28 février 2007 du Journal of American Medical Association (JAMA) insinuaient que les antioxydants n'ont aucun bénéfice sur la santé, et en fait, peuvent même mener à une hausse de la mortalité. Dans notre analyse de cette étude, nous ne retenons très peu ou même aucune évidence soutenant cette conclusion.

Il est important de comprendre que cette étude n'était pas un nouvel essai clinique, mais une analyse statistique déterminée par beaucoup d'études (appelée une métaanalyse). Les métaanalyses sont en fait conçues pour rassembler des études semblables aux fins de comparaisons statistiques. Cependant pour cette métaanalyse, les auteurs ont rassemblé des études différant considérablement par leur structure, leur taux d'utilisation, leur durée et leur population étudiée. Après une révision minutieuse, il semble que les auteurs aient analysé simplement des données qui correspondent à une conclusion prédéterminée, ce qui est une utilisation invalide d'une méthode statistique. Ceci est un bel exemple d'une utilisation statistique impropre dans la méthodologie de recherche.

Il y a un grand lot de données incluant des études d'observation, des études épidémiologiques prospectives et des études cliniques randomisées qui a montré les avantages de la supplémentation avec des antioxydants (incluant la réduction des maladies cardiovasculaire, de quelques cancers, le support immun et la réduction de la progression des maladies de l'oeil). De façon intéressante, ces études ont été exclues de l'analyse. Pendant que l'analyse initiale examinait 1201 documents de recherche provenant de 815 essais, seulement 68 essais ont été utilisés dans l'analyse finale. Bien plus encore, quand les résultats initiaux de ces données n'ont pas montré d'effet sur les taux de mortalité, les auteurs ont retiré 21 études supplémentaires (appelé une subanalyse) afin de tirer leur conclusion que les suppléments augmentent le risque de mortalité.

De façon intéressante, dans ces 47 études restantes, les doses utilisées excédaient de beaucoup les taux d'utilisation normaux, et dans plusieurs cas, étaient bien au-dessus des limites supérieures tolérables à consommer (c'est-à-dire qu'ils ont utilisé des doses qui pouvaient ne ne pas être sûres). Par contre, les études éliminées de cette étude utilisaient généralement des doses qui n'ont pas excédé les limites supérieures et étaient plus en accord avec les taux d'utilisation réels.

Finalement, la majorité des études examinées sont des études de prévention secondaires. C'est-à-dire, les populations à l'étude avaient été déjà été diagnostiquées avec des maladies telles que des maladies du cœur et des cancers. C'est une population très risquée à étudier et les conclusions de ces études ne devraient pas être utilisées pour faire des recommandations pour la prévention dans des populations en santé en général.

Nous ne sommes pas les seuls qui ont critiqué ces résultats. Plusieurs organisations scientifiques et d'autres chercheurs ont déjà publié des critiques sur ce papier. Le professeur Balz Frei directeur de l'Institut Linus Pauling à l'université d'Oregon a exprimé :

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"C'est une analyse détériorée de données détériorées et qui fait peu pour nous aider à comprendre les effets réels des antioxydants sur notre santé qu'ils soient favorables ou non. Au lieu de provoquer des dommages, la totalité de l'évidence indique que les antioxydants provenant de la nourriture ou des suppléments ont beaucoup d’avantages sur notre santé, incluant le risque réduit d'être atteint de maladies cardiovasculaires, de quelques types de cancers, de maladies de l'oeil et de maladies neurodégénératives. En plus, ils sont des éléments clés pour améliorer le système immunitaire et la résistance aux infections.

La métaanalyse publiée dans JAMA, qui est une analyse statistique de données publiées auparavant, a jeté un coup d'oeil à 815 essais d'antioxydants, mais a inclus seulement 68 d'entre eux dans son analyse. Deux des études exclues (qui ont été publiées dans le Journal of the National Cancer Institute and the prominent British medical journal Lancet) ont montré des bénéfices substantiels et une mortalité réduite par la consommation de suppléments d'antioxydants.

Si ces deux grandes études avaient été incluses, aucun des effets énoncés sur l'augmentation de la mortalité n'aurait été important à l'exception des effets de la bêta-carotène. La recherche démontrant une plus haute incidence de cancer du poumon chez les fumeurs qui prennent des suppléments de bêta-carotène ou de vitamine A fait partie des vieilles nouvelles et est connue depuis plusieurs années. Il est connu que de très hautes doses de vitamine A ont de multiples effets défavorables sur la santé.

Tout ce que la nouvelle étude démontre vraiment, c'est un biais identifiant des études ou des recherches montrant des effets néfastes provoqués par les antioxydants et le retrait sélectif de recherches qui en montrent les avantages."

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Nous ne savons pas pourquoi les auteurs ont voulu évaluer ce petit groupe d'études soigneusement sélectionné ou pourquoi ils ont ignoré le lot d'évidences publié sur les avantages des antioxydants, mais ceci a l'air d'être une évidente tentative de sensationnaliser des données incomplètes qui ne servent qu'à inquiéter une grande partie de la population qui consomme des suppléments. Nous ne sommes pas dupés par ce rapport. En outre, nous continuerons à fournir à nos associés et clients une large gamme d'antioxydants à utiliser dans le cadre d'un programme nutritif complet.
John Cuomo, Ph D. Executive Director R&D USANA Health Sciences, Inc.

Le texte intégral du communiqué de presse de l'Institut Linus Pauling peut être trouvé ici.

Des commentaires supplémentaires sur l'étude du JAMA peuvent être trouvés aux liens suivants :

Council for Responsible Nutrition
NutraIngredients.com
Natural Products Association
Alliance for Natural Health

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